Définir les modalités de gestion de la pollution des sols

3.1.2 La phytoremédiation appliquée à la gestion de sols pollués urbains

En raison des multiples activités humaines parfois très anciennes au sein des villes, il est fréquent d'y découvrir des sols pollués par des contaminants très divers (organiques, inorganiques). Les pollutions peuvent être ponctuelles (ancienne usine, ancienne station-service, etc) et/ou diffuses (par exemple, dépôts atmosphériques d'origine routière).

Les espaces urbanisés se caractérisent par ailleurs par le renouvellement régulier des aménagements (bâtiments, voies de circulation, etc), impliquant parfois des changements d'usage, avec des temps contraints pour les réaliser. Ainsi, au cours de ces aménagements, la découverte de sols pollués se traduit presque systématiquement par leur excavation suivie de leur évacuation vers un centre approprié de stockage.

Avec la volonté récente des villes, mais aussi en réponse à une demande sociétale, de « verdir » les espaces urbanisés, le végétal pourrait ne plus être exclusivement employé pour l'aspect esthétique d'alignements d'arbres ou de massifs fleuris, mais également pour assurer d'autres fonctions, notamment celle de gestion des pollutions, à l'image des noues et des bassins de rétention végétalisés pour la gestion de la qualité de l'eau. La contrainte temporelle imposée par le végétal, c'est-à-dire la durée de dépollution, demeurera néanmoins une contrainte récurrente tant que la gestion des terres polluées n'évoluera pas significativement. Cependant, grâce à la possibilité, depuis 2012, de réutilisation hors site des terres excavées (cf. Le statut et la réutilisation des terres polluées), avec obligation d'un réemploi local, la phytoremédiation pourrait être retenue comme méthode de gestion de la pollution, lors de réaménagements urbains. En effet, les contraintes temporelles sont a priori moins fortes dans ces conditions.

Des propositions se font jour tel que le projet d'aménagement d'une ancienne zone industrielle d'Amsterdam (Figure 029 d'après Wilschut et al. 2013[1]). Dans cet exemple, différentes situations sont proposées : 1/ profiter du réaménagement des voies de circulation (vélo, automobile, piéton) en les séparant par des cordons de sol pollué végétalisé – phytostabilisation (Figure 029 A), 2/ éviter d'excaver le sol pollué en créant des jardins publics constitués de cheminements sans contact avec le sol pollué de façon à éviter tout risque pour les promeneurs (Figure 029 B), 3/ dépolluer par phytoextraction (problématique des polluants inorganiques) avec valorisation énergétique de la biomasse végétale (Figure 029 C), 4/ stocker de sol pollué sur des barges pour limiter les coûts de transport vers les centres de stockage (Figure 029 D).

4 propositions d'intégration des sols pollués en phytoremédiation, dans une ancienne zone industrielle à Amsterdam. 1-Création de cordons de sols pollués végétalisés séparant différents modes de trafics ; 2-Parcs sur sols pollués avec phytoremédiation "naturelle" Zones de cheminement sans contact avec le sol pollué : évite de remplacer la terre ; 3-Sol très pollués. Dépollution et production de biomasse à vocation énergétique ; 4-Stockage de terres sur barges (phytoextraction long terme) Traitement des eaux de surface dans zones humides artificielles.
Figure 029 : Projet d'aménagement d'une ancienne zone industrielle d'Amsterdam incluant la gestion des sols pollués par phytoremédiation (d'après Wilschut et al. 2013).
  1. Wilschut M., Theuws P.A., Duchhart I. (2013)

    Phytoremediative urban design: transforming a derelict and polluted harbour area into a green and productive neighbourhood. Environmental Pollution 183, 81-88.

3.1.1 Gérer les contaminants viticoles à la parcelle et à l'exutoire du bassin versant3.1.3 Cas de sols affectés à des plantes à usage alimentaire
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