3.1.1 Gérer les contaminants viticoles à la parcelle et à l'exutoire du bassin versant
L'activité viticole utilise de nombreux produits phytosanitaires organique et inorganique (20% des produits phytosanitaires commercialisés pour 1,6% de la surface agricole utile française) accumulés, pour partie, dans les sols. Par ailleurs, les vignobles sont souvent présents sur des coteaux ce qui les rend sensibles à l'érosion. La problématique est donc double : 1/ gérer les contaminations des sols à l'échelle de la parcelle et 2/ gérer les « sorties » de contaminants à l'exutoire (point bas) des bassins versants provenant des eaux de ruissellement qui incluent des particules issues de l'érosion des sols. Ces particules sédimentent dans les bassins d'orage qu'elles remplissent progressivement.
Deux solutions de gestion qui utilisent la phytoremédiation peuvent être mises en œuvre (l'une étant complémentaire de l'autre) (Figure 028) :
la première (figure 028a) consiste à cultiver des plantes dans les inter-rangs des vignes. Ces plantes peuvent limiter l'érosion (phytostabilisation), dégrader les polluants organiques[1] tels que les herbicides, les fongicides, les insecticides (phytodégradation, rhizodégradation) et/ou extraire les polluants inorganiques (Ex : As, Cu, Hg, Pb). Dans le cas d'un vignoble dont la vigne a été définitivement arrachée, la surface pourra être totalement couverte par ces plantes ;
la deuxième (figure 028b) porte sur l'interception, dans les bassins d'orage, des flux ruisselants d'eau enrichie en particules de sols. La fonction première de ces aménagements est hydraulique, en tant que zone tampon réduisant les risques d'inondation en aval. Mais lorsqu'on modifie légèrement leur configuration, avec des temps de séjours des contaminants plus élevés, les bassins d'orage contribuent également à réduire la charge polluante en sortie d'ouvrage. Les contaminants se sorbent en effet, pour partie, sur les particules qui sédimentent et s'accumulent dans le bassin d'orage. L'autre partie ressort plus ou moins rapidement de l'ouvrage. A ce stade, la dissipation des contaminants – terme incluant la sorption et la dégradation ou l'extraction par les plantes (cas de polluants inorganiques) – correspond à la différence entre les quantités entrantes et sortantes (pour en savoir plus : projet européen ARTWET (http://ec.europa.eu/environment/life/project/Projects/index.cfm?fuseaction=search.dspPage&n_proj_id=3099)).





